STERNE (L.)


STERNE (L.)
STERNE (L.)

Difficile à classer dans le cadre romanesque qui s’instaure au XVIIIe siècle, Laurence Sterne n’en tient pas moins une place de choix dans l’histoire du roman anglais. L’on se plaît aujourd’hui à reconnaître en lui un précurseur des formes modernes du récit qui, là comme ailleurs, ont bouleversé les perspectives et bousculé les traditions. On l’a complaisamment étiqueté «humoriste» – s’il n’était que cela, tout irait bien. Mais, sous le masque de l’humoriste qu’il est, percent, pour le lecteur contemporain, que l’on suppose savoir lire, les traits de maint personnage profondément sérieux. Prince, en effet, d’un humour qui n’est jamais noir, Sterne s’est plaisamment dédoublé dans les créatures de sa fiction, Tristram Shandy et Yorick, mais il ne cesse d’être lui-même dans son univers imaginaire, ni d’avoir la pleine maîtrise de son invention romanesque, comme du dédale intellectuel où il nous égare, tout en y conduisant allègrement sa jubilation.

Biographie

Laurence Sterne naquit à Clonmel, petite ville du sud de l’Irlande où le régiment de son père, officier subalterne, était venu tenir garnison. La famille était originaire du Yorkshire (l’arrière-grand-père de Sterne fut archevêque d’York, et l’oncle James était precantor de la cathédrale), et c’est dans ce comté que Laurence vint se fixer vingt-cinq ans plus tard.

Son père, enseigne au 34e régiment d’infanterie, avait épousé Agnès Nuttal Hébert, veuve d’un capitaine et belle-fille d’un vivandier, auquel, dit-on, il devait de l’argent. C’était au temps de la guerre de Succession d’Espagne, et l’on guerroyait dans les Flandres, sous Marlborough, ce foudre de guerre, en attendant que la paix d’Utrecht (1713) renvoyât dans ses foyers ce militaire, «petit homme vif», rêver et faire des enfants, avant d’être rappelé sous les drapeaux. Son régiment, en effet, se reforma, et l’enseigne s’en fut, de cantonnement en cantonnement, trimbalant sa famille (nombreuse) avec lui – des petits frères et sœurs naissent et meurent en chemin – jusqu’au jour où il est dépêché en Jamaïque, pour «mettre de l’ordre chez les nègres». Il y mourut, frappé à mort par un collègue, dans un duel futile, à propos d’une oie (1731). Ainsi mourut ce Roger Bontemps des campagnes obsidionales et coloniales, dont le fils donnera, dans ses Memoirs et son Tristram Shandy , une image approximative, héroïque et attendrissante.

Élevé d’abord parmi les soldats, au son des fifres et des tambours, le gamin fut mis à l’école en Angleterre, où il apprit du grec et du latin. Un cousin généreux le fit entrer au Jesus College (1733) à Cambridge, où il bénéficia d’une des bourses que l’arrière-grand-père, archevêque, avait fondées. Sa carrière universitaire ne fut pas étincelante, mais il se fit un bon ami, l’excentrique John Hall Stevenson (1718-1785), qu’il retrouvera dans le Yorkshire, et lut avidement John Locke, Rabelais et Montaigne, qui eurent sur lui une influence décisive.

Après un bref passage (1737-1738) dans la petite cure de St. Yves (Huntingdonshire), il reçut en août 1738 celle de Sutton on the Forest, près d’York, où sans doute l’influence de l’oncle James le fit nommer. Il y restera vingt ans.

Vingt ans de vie campagnarde et mondaine aussi, car le vicaire de Sutton résidait souvent à York, où l’attiraient les festivités sociales de cette capitale brillante, et les intrigues d’église qui se nouaient autour de la cathédrale. Il y fit sa première conquête, Elizabeth Lumley, qui devint sa femme, et, un peu plus tard, sa seconde, miss Fourmantelle, l’éphémère «dear Kitty», qui le promut dans la galanterie. Il y fit aussi ses premières armes d’écrivain: un méchant pamphlet, Histoire d’un bon manteau bien chaud (The History of a Good Warm Watchcoat , 1739), allégorie satirique, où il fustigeait les cupidités ecclésiastiques déchaînées sur une prébende. Il y fit aussi de nombreux sermons, bien travaillés et bien écrits. La satire et les sermons lui révélèrent les pouvoirs de l’écriture, et, soudain, cet homme maladif (il avait déjà craché le sang dans sa jeunesse) se lança dans la jubilation d’écrire. Ainsi naquit Tristram Shandy (Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman , 1760-1767).

Publiés à York, puis à Londres (janv. 1760), les deux petits volumes d’une œuvre qui devait en comporter neuf connurent aussitôt un succès foudroyant. Le vicaire inconnu de Sutton devint célèbre en quelques jours. Il se rua à Londres tout joyeux, et devint la coqueluche de la bonne société. Dîners, soupers, concerts, ce fut du délire. Infatigable (malgré sa phtisie) et spirituel, Sterne, devenu Tristram et Yorick à la fois, savoure son succès jusqu’à satiété, et l’entretient par la publication en janvier 1761 des volumes III et IV, suivis en décembre de la même année des volumes V et VI. Mais c’en est trop. Cette vie fiévreuse le mine, et, après une grave hémorragie, ses médecins lui conseillent le repos en France.

Il part pour Paris, la mort aux trousses, en janvier 1762. Le même succès l’y attend. On l’accueille avec joie dans les salons littéraires où sa réputation d’homme d’esprit l’a précédé, et où il se fait un ami de Diderot. En juillet, sa femme et sa fille Lydia le rejoignent. On part pour le Midi, on hiverne à Toulouse, on se fait soigner (sans trop de succès) à Bagnères-de-Bigorre et à Montpellier, et on travaille paresseusement aux volumes VII et VIII, qui seront publiés en janvier 1765, dès son retour à Londres. C’est de nouveau le Yorkshire, à Coxwold cette fois, charmante paroisse qu’il obtint après son premier succès. Mais le voyage le tente encore. La France, puis l’Italie, expérience qui servira de base à son Voyage sentimental (A Sentimental Journey Through France and Italy by Mr. Yorick , 1768).

En juin 1766, il rentre à Coxwold. Le neuvième et dernier volume de Tristram Shandy paraît en janvier 1767; mais la veine s’épuise, et il lui faudra changer de ton et de sujet. Précisément, il a rencontré à Londres une jeune et jolie femme dont le mari est aux Indes, Eliza Draper. Il s’éprend d’elle fiévreusement. Elle devient son inspiration, son idole, sa dulcinée. Tandis qu’il rédige à Coxwold son Voyage sentimental , il écrit pour Eliza, qui est repartie pour l’Inde, un journal (Journal to Eliza ), confidentiel et passionné, qui alimente toujours la critique. Le Voyage sentimental paraît en février 1768; Sterne, épuisé, est à bout de souffle: la mort, qu’il avait si souvent distancée, le rejoint dans son logement de Bond Street, à Londres; il n’aura qu’un mot pour elle: «Now, it is come » («C’est le moment!»).

«Tristram Shandy»

Lorsque paraît Tristram Shandy , Defoe, Richardson et Fielding avaient imposé au roman anglais forme, thèmes, structure et personnages. On savait conduire un récit, nouer une intrigue, régler les rapports des personnages entre eux, donner à la fiction couleur de réalité, et, au sein d’un univers romanesque bien ordonné, établir quelques solides principes devant régler la conduite des hommes.

Voici que Tristram Shandy surgit pour semer la confusion. Il n’y a pas une histoire, mais des histoires dont on n’entrevoit jamais la fin; il n’y a pas de conflits, ni passionnels, ni d’intérêt, entre les personnages, qui parlent de tout et de rien sans jamais se comprendre, semble-t-il; le narrateur (Tristram) prétend raconter sa vie, mais il s’attarde sur son existence prénatale (si l’on peut dire), et quatre volumes s’écoulent avant qu’il ne vienne au monde. Il promet de nous faire part de ses «opinions» (?), mais il nous faut accepter aussi celles des autres membres de sa famille, du père Shandy, en particulier, qui retiennent l’attention bien plus longtemps que les siennes propres. Pourtant, ce narrateur a quarante ans passés, et, à ce rythme, ce qui lui reste de vie ne suffirait pas à raconter son «histoire» – mais quelle histoire? Il faut connaître, avant la sienne, celle de son père Walter, celle aussi de son oncle Toby, dont un épisode retient particulièrement son attention: celui de la blessure à l’aîne qu’il reçut au siège de Namur, dont la centralité fut déterminante et les conséquences incalculables. La chronologie des faits est aussi capricieuse que le déroulement des incidents, l’un et l’autre rebelles à la prédétermination logique, et, pourtant, elle peut se reconstruire par un effort de la mémoire et de la raison raisonnante qui finissent par découvrir une structuration dans ce qui est, à l’évidence du premier regard, la culmination du désordre et la perversité du paradoxe.

Le récit est constamment rompu par des digressions apparemment futiles, dont quelques-unes lourdes et agaçantes, par des interventions constantes du narrateur sous le couvert de ses bonnes intentions à l’égard du lecteur, ou de la nécessité d’épuiser les ressources d’un esprit inventif au bénéfice des participants. Ajoutons aussi que le lecteur découvre tout à coup le jeu ironique des plagiats, qu’il a d’abord pris au sérieux, et s’irrite d’avoir été mystifié; que le ton de la conversation, par un excès d’apostrophes, d’acrobaties, de ruptures de syntaxe, de bizarreries de style, de calembours, perd à la longue sa force de persuasion et procure plus d’irritation que de plaisir. Ajoutons enfin que tout semble se jouer sur des ambiguïtés, pire, des équivoques, et que la perpétuelle jonglerie avec les obsessions du sexe – frustrations diverses, impuissances, fantasmes ou symboles érotiques, assouvissements retardés, manqués, ou provoqués par la masturbation sous-jacente (si l’on peut dire) – entraîne le lecteur loin des voies du sain roman réaliste, voire psychologique, des belles années de bon cru.

Voilà sur quoi la critique sternienne, pendant près de deux siècles, a fondé ses enthousiasmes et ses détestations. Mais il convient de dire cependant que la famille Shandy et les personnages qui gravitent autour ont toujours fait l’objet de la plus vive admiration. Là, du moins, la critique est unanime pour accorder ses louanges à l’excentrique Walter Shandy, le philosophe de la famille, au généreux oncle Toby, son frère, militaire que sa blessure et son cœur tendre dévoient vers les blandices des amours inassouvies, au caporal Trim, l’impeccable ordonnance aux fidélités inépuisables. Peu importe ce qu’ils disent, ce qu’ils font, ils donnent le savoureux spectacle d’une communauté humaine, moins refermée sur elle-même qu’ouverte à toutes les sympathies. Ce sont là des créatures qui peuvent figurer dans la galaxie des personnages inoubliables de la fiction, sur lesquelles des générations de lecteurs se sont attendris.

Mais ce que la critique moderne a peu à peu dévoilé depuis quelque vingt ou trente ans, et que seuls quelques perspicaces avaient entrevu, c’est l’extraordinaire richesse de ce «roman», dont on fait aujourd’hui un des plus féconds précurseurs du roman contemporain. Voici la poétique de l’absurde que favorise le jeu incontrôlé de l’association des idées. Incontrôlé? voire! bien plutôt une dialectique de l’imprévu qui se construit sur des impulsions antinomiques, des appels secrets, peut-être inconscients, qui tiennent à la nature profonde de l’être. L’exercice intellectuel est souverain sur le fragmentaire et l’illusoire, mais aussi sur la matière même de «ce qui se passe dans l’esprit». L’«esprit» n’est jamais dupe de lui-même, ni de ses personnages, ni de ses thèmes. La manipulation consciente se double toujours de l’ironie, et ainsi s’établit entre le narrateur, ses personnages fictifs, et son lecteur, une communication qui frise la complicité. Le narrateur ne nous laisse jamais tranquilles, et quels que soient les alibis qu’il nous invente, ou les masques sous lesquels il joue à cache-cache, c’est, au fond, la personnalité d’un homme agaçant, aguichant, tendre et drôle à la fois, riant de ses misères, défiant les pièges du temps et courageux sous les avatars de ses infortunes, modéré dans son pantagruélisme, excessif dans ses perversités sentimentales; et, sans doute, quand tout est dit, le «shandéisme» qu’il élève à la hauteur d’une philosophie est-il une bonne recette pour s’accommoder des maléfices du temps et des imperfections de la condition humaine.

«Le Voyage sentimental»

Si Tristram Shandy reste un livre unique, chef-d’œuvre incontesté de parodie, de satire et d’humour, qui enchanta les lecteurs du XVIIIe siècle, fit enrager les victoriens, et suscite à nouveau la curiosité des contemporains, il faut dire aussi que le Voyage sentimental à travers la France et l’Italie est, à sa façon, un autre chef-d’œuvre. Bien plus indiscuté celui-là, parce qu’à la portée des cœurs sensibles, d’une lecture facile, d’une écriture fine et spirituelle, et d’un érotisme raffiné. Ici, c’est le royaume des pulsations et des frôlements, des regards qui font monter le rouge aux joues, des lascivités retenues et des tendresses joyeuses. Itinéraire des bonnes fortunes, des plaisanteries osées qui s’achèvent sur une révérence, des tentatives de séduction qui devront se clore sur un bon mot. La Minerve shandéenne, qui savourait ses perversités intellectuelles et ses curiosités frustrées, s’est muée en un séducteur distingué, qui traite les gantières et les femmes de chambre comme de grandes dames, et les grandes dames comme des créatures de choix. La comédie a changé de visage: nous n’en sommes plus à l’absurde de l’intelligence, mais décidément à l’absurde voluptueux du cœur.

Il n’est rien, d’ailleurs, au cours de ce voyage, qui n’apporte au voyageur, comme au lecteur, de quoi alimenter son appétit de bonheur. Alors que le premier voyage à travers la France, celui du livre VII de Tristram Shandy , emmenait la famille Shandy dans une galopade touristique désordonnée, et sarcastique, celui-ci prend presque la forme d’une homélie romancée exhortant les gens à susciter et partager les tendres émotions qui peuvent humaniser le monde, et rendre la vie plus que supportable, agréable. Le voyageur, qui n’est plus le satirique Tristram, mais le tendre Yorick, qui semble avoir troqué sa marotte d’amuseur contre le mouchoir parfumé du séducteur, en arrive à entonner un hymne à la sensibilité: «Chère sensibilité! source inépuisée de tout ce qui est précieux dans nos joies, ou coûteux dans nos chagrins [...], fontaine éternelle de nos sentiments [...], tout vient de toi, grand, grand Sensorium de l’Univers, qui vibres lorsqu’un seul cheveu de nos têtes tombe sur le sol, dans le désert le plus reculé de la création!»

Yorick a des larmes toutes prêtes pour le mendiant de la rue, le sansonnet dans sa cage, le prisonnier à la Bastille; l’évocation du visage de son ami Eugenius mourant (John Hall Stevenson, son ami de Cambridge) lui en tire aussi, comme celles que l’oncle Toby versait au chevet du lieutenant Le Fever agonisant (Tristram Shandy , VI, chap. XI et CCCIX). Mais on sent bien que la vitalité du pleureur (devrait-on dire «pleurnicheur»?) est atténuée: ce ne sont plus des larmes de compensation, mais un épanchement quasi maladif, qui risque de tout submerger.

Une page est tournée de la vie de Sterne, de son autorité de narrateur, comme de la sensibilité du siècle. Là aussi, Sterne est un précurseur. Bien plus que Richardson, qui avait aussi, du moins dans son œuvre romanesque, le discours pathétique et la larme facile, Sterne déclenche le flux des rhétoriques sentimentales, qui bientôt tenteront d’escalader les bastilles de la nuée où se cache l’Être suprême, mais finiront par s’affadir et s’épuiser dans les marécages de la vulgarisation. Mais peut-on condamner les précurseurs? Qu’ils déclenchent le rire ou les larmes, ils sont toujours, plus ou moins, des apprentis sorciers.

Nous pouvons rire avec Tristram, et avoir la larme à l’œil avec Yorick. Mais, au-delà des réactions personnelles, il reste que Laurence Sterne – avec ses deux petits livres, qui valent bien plus que ses homélies professionnelles, car il convient de ne pas oublier que Sterne était pasteur, et que ses Sermons , s’ils sont injustement négligés, sont loin d’être négligeables – est indélogeable de la place qu’il a prise avec désinvolture et panache dans l’histoire du roman anglais. Tristram Shandy reste une source inépuisable de plaisir intellectuel et d’enseignements, non sur le plan de la doctrine, mais sur celui de l’expérience humaine, et du façonnement intelligent d’une œuvre d’art. C’est de l’esprit en action, mais qui n’est jamais sec, qui touche toujours de quelque manière. Proie offerte aux linguistes, mais aussi aux hommes de cœur. Le Voyage montre clairement où passent les limites d’une préciosité délectable qui joue avec les incidents, les soupirs et les tirets, limites à ne pas franchir si l’on ne veut pas tomber dans la sensiblerie.

Mais que l’on prenne Tristram ou Yorick pour compagnon, on ne peut que courir le risque heureux de déjouer avec eux les pièges du pédantisme et de la mélancolie. Il n’est que de se laisser aller sans acrimonie ni puritanisme sur les sentiers zigzaguants d’une contrée où foisonnent les herbes folles et les fleurs sophistiquées, et qui traversent tantôt les bibliothèques érudites, tantôt des sous-bois ensoleillés, où l’on aurait pu jouer Comme il vous plaira!

Encyclopédie Universelle. 2012.

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